Interview pour MetroFrance.com

3 décembre 2012 à 08:29 | Publié dans L’actualité criminologique |

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ACTURESEAUX SOCIAUX
Facebook, Twitter, Youtube… quand la connexion devient addiction

Adoptés de manière fulgurante, les réseaux sociaux n’ont jamais autant fait parler d’eux. Retrouver de vieux amis, trouver un emploi, recommander des articles … leurs avantages sont souvent soulignés. Mais dans certains cas, leur utilisation peut conduire à un phénomène de cyberdépendance.

En octobre dernier, Wilhelm Hofmann de la Chicago University’s Booth Business School révélait, travaux à l’appui, que résister dans une journée à l’attrait de Twitter ou de Facebook est aujourd’hui plus dur que de refuser une cigarette ou un verre d’alcool.
Un constat qui n’est pas si surprenant que cela aux yeux du scientifique, dans une société où ces modes d’échange ont pris de plus en plus de place pour tisser des liens sociaux.

« La consommation de cigarettes et d’alcool a un coût à long terme. L’usage des réseaux sociaux comporte moins de conséquence, si ce n’est la perte de temps », explique-t-il après avoir examiné le comportement de 205 patients, âgées de 18 à 85 ans. Pas de conséquence ? Si on ne peut pas aller se coucher sans avoir changé sa photo de profil sur Facebook, ou sans vérifier ces messages sur Twitter, la question de l’apparition d’un symptôme de « manque » se pose.

Le portable avant tout
De plus en plus connus et de plus en plus adoptés, les réseaux sociaux pourraient bien être à l’origine d’une nouvelle forme d’accoutumance : une « e-dépendance ». Celle-ci serait psychologique, et non physique comme l’explique Florence Desbans, hypnothérapeute et praticien en psychothérapie. « Les réseaux sociaux permettent une prise de parole accessible qui peut être utilisée à l’envie pour se mettre en scène. Cette tendance est encouragée par nos modes de vie actuels. Mais quand on ne se pose même plus la question de la liberté de les utiliser ou non, l’usage devient pathologique ».

A l’instar des jeux vidéo, l’utilisation des « like » et des « tweet » deviendrait-elle compulsive chez certains internautes ? Sans parler des fameux « social gaming », ces jeux disponibles sur les réseaux sociaux (Farmville, Bubble Safari, Mafia Wars), de plus en plus sollicités sur ces sites.

« Je m’en porte mieux »
Aux États-Unis, une étude a révélé que 50 % des Américains seraient même prêts à abandonner l’alcool, la caféine ou le chocolat pendant une semaine plutôt que leur portable. En outre, un autre sondage réalisé cette année pour le site MyLife auprès de 2000 Américains montrait que près de 40 % d’entre eux reconnaissent préférer se passer d’air conditionné ou même d’être coincé dans un bouchon plutôt que de sacrifier leur compte Twitter.

Thierry Crouzet, blogueur et spécialiste de l’informatique est l’auteur de « J’ai débranché ». Un livre dans lequel il raconte sa passion excessive pour ces sites, qui l’a incité à se couper de ce monde numérique pendant plusieurs mois. « Un soir j’ai fait une crise d’angoisse. Alors que les pompiers m’amenaient à l’hôpital, je continuais à me balader sur l’un de ces sites. Là je me suis rendu compte qu’il fallait que je fasse une pause ».

Six mois de « sevrage »
Après six mois de « sevrage » sans un clic, Thierry rallume son ordinateur : « je suis beaucoup moins actif qu’avant, je ne réagis pas en permanence sur tout ce qui s’y passe et je m’en porte mieux. »

Un phénomène qui peut se développer dès le plus jeune âge. Selon un rapport de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) de 2011, 48% des 8-17 ans sont actuellement connectés à un réseau social. Mais la frontière entre un usage normal, même important, et un usage devenu pathologique n’est pas toujours évidente à cerner. « Les réseaux sociaux sont pour certaines personnes des objets d’apaisement moteur à l’instar du chocolat ou des cigarettes. Ils sont de plus en plus prisés car dans une société individualiste ils permettent de réagir en un clic. Il faut s’inquiéter lorsque le temps passé dessus empiète sur celui destiné à un autre domaine de notre vie », affirme Catherine Lejealle, sociologue.

Une pratique excessive plutôt qu’une addiction
Mais cette pathologie reste difficile à quantifier, tant le nombre d’adhérents sur Facebook et Twitter sont nombreux (respectivement 850 millions et 100 millions d’utilisateurs). En France, chaque internaute serait en moyenne membre de trois réseaux ou médias sociaux, Facebook en tête, selon l’Observatoire des réseaux sociaux d’Ifop. Mais de là à parler « d’addiction » au même titre que l’alcool, la cigarette ou les substances illicites, la communauté médicale française est mitigée.

« Le terme addiction est mal approprié. Les réseaux sociaux sont des outils extérieurs qui révèlent souvent des pathologies sous-jacentes comme une phobie scolaire ou une séparation douloureuse », affirme la psychologue Vanessa Lalo. « Même si certaines personnes forgent tellement leur image via ces sites qu’elles en deviennent dépendantes ».

L’Académie de Médecine a même tranché sur ce sujet en avril dernier en affirmant à propos des jeux vidéo, mails, et réseaux sociaux qu’ »il est préférable d’utiliser le terme moins stigmatisant de pratiques excessives », en l’absence d’études précisant leurs critères.

« Ici on ne peut pas utiliser le mot ‘addiction’ car on ne parle pas de souffrance réelle, au contraire il n’y a que du plaisir à y passer du temps », ajoute Catherine Lejealle. Difficile alors de parler d’addiction au sens médical du terme. « Je pense que ces réseaux sociaux constituent plus un phénomène de société qui ne va pas durer dans le temps », estime Vanessa Lalo.

Une pratique, parfois néfaste, qui inquiète quand même certaines organisations : aux États-Unis l’association américaine de psychiatrie voudrait reconnaître la dépendance à Internet comme une pathologie à part entière, et l’ajouter dans la nouvelle édition de son manuel.

Source : MetroFrance.com

Et Moi, Et Moi et Moi, l’émission qui parle de vous : Féminisme, où en sommes nous ?

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits de la femme soient remis en question »

Simone de Beauvoir nous mettais en garde et à ce propos, voici le numéro d’Avril 2017 de votre émission favorite à laquelle j’ai le bonheur de participer en compagnie de nos acolytes Audrey Serpero, et Sandra Serpero pour Openyour.fr

Ce mois-ci nous explorons où en est le féminisme aujourd’hui en compagnie de la créatrice Chantal Thomass, de Caroline Mercier et de Guillaume Choquet et Heloise Bouton.

Vous pouvez consulter le travail du collectif Sangs Mêlés dans le spectacle « La Rue est à nous… Aussi! »  ici :

ainsi que le blog d’Heloise Bouton ici :

http://eloisebouton.org/

Vous trouverez toutes les informations sur le site d’Open Your

http://www.openyour.fr/podcasts/feminisme-ou-en-sommes-nous/

 

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Bonne écoute!

Vous pouvez également me suivre sur Facebook : Cabinet Condorcet Thérapie

https://www.facebook.com/Cabinet-Condorcet-Th%C3%A9rapies-561544477197769/?fref=ts

Renouer avec sa féminité

Renouer avec sa féminité : trois questions à Florence Desbans, psychothérapeute

 

Florence Desbans a reçu dans son cabinet des anciennes détenues mais également des femmes maltraitées (violences domestiques, agressions sexuelles…). Le point commun de ces patientes : la perte de leur féminité. 

Les femmes qui viennent vous consulter ont-elles conscience qu’elles ont perdu leur féminité ?

Non, quand il s’agit d’un traumatisme, dans 50% des cas, elles viennent pour un tout autre motif. Lors de la première séance, elles s’aperçoivent rapidement de leur motivation réelle : faire le deuil éventuellement d’un traumatisme ou d’une mutilation, ou alors reprendre un peu contact avec leur féminité.

Comment amorcez-vous avec elles ce processus de réappropriation de leur corps ?

La seule solution pour sortir d’un traumatisme est de se séparer symboliquement de son corps mais il faut réussir par la suite à se réassocier avec lui pour continuer à vivre. La guérison passe à la verbalisation. J’utilise cette métaphore quasiment à chaque fois : tant que l’on ne range pas cet épisode dans la bibliothèque avec les autres bouquins (qui symbolisent les précédents chapitres de sa vie), on continuera toujours à se prendre les pieds dedans parce qu’on l’a mis sous le tapis. Cela ne doit pas devenir un non-évènement non plus mais il doit s’inscrire dans la vie de la personne.

Outre l’exercice de verbalisation, comment peuvent-elles travailler sur leur féminité au quotidien ?

Il y a d’abord le reconditionnement cognitif. Il s’agit d’identifier ses émotions à un moment donné et les idées automatiques qui y sont associées. Si quelqu’un qui a une peur particulière, il faut qu’il s’oblige à avoir une pensée plus réaliste de la situation. Par exemple : ce n’est pas parce que je vais prendre le métro que je vais me faire agresser. Ensuite, l’auto-hypnose est efficace pour apprendre à se détendre et récupérer les sensations corporelles. Le yoga par exemple contribue à se réapproprier son corps.

Lien :  https://ipjfrancetv.wordpress.com/2014/04/13/renouer-avec-sa-feminite-trois-questions-a-florence-desbans-psychotherapeute/